Le feu est passé, et il a mis au jour autre chose que des ruines. Au Porge, la commune la plus touchée de Gironde par le mégafeu de l’été 2026, les flammes ont révélé un stock d’obus de la Seconde Guerre mondiale enfoui dans le sable. Personne ne savait qu’il était là. Pas même la mairie.
Quatre obus au sol, une parcelle carbonisée de cinq hectares
Le lundi 3 août au matin, quatre obus d’environ 30 centimètres de long traînaient encore à même le sol, rouillés, couverts de terre, au milieu d’une parcelle noircie. La scène a été constatée sur place par l’AFP.
Sur une clôture voisine, un éclat avait creusé un trou noirci de la taille d’une balle de tennis. Un 4×4 de reconnaissance quadrillait lentement les cinq hectares calcinés. Et tout autour, des pancartes sans ambiguïté : « Danger de mort absolu, présence d’obus ».
400 obus et munitions récupérés au Porge, selon la préfecture
Les opérations de déminage ont duré plusieurs jours. Le lundi matin, le chef du centre de déminage de Bordeaux, qui n’a pas souhaité donner son nom, évoquait 75 obus ramassés en surface depuis le vendredi. Il en restait davantage, et un champ voisin était lui aussi susceptible d’être concerné.
Au total, ce sont quelque 400 obus et munitions qui ont été récupérés, selon la préfecture de la Gironde. Des munitions à la fois allemandes et françaises, surtout des obus de mortier, avec quelques obus à tête explosive destinés aux chars. Direction un terrain militaire, où ils seront stockés puis détruits.
Le plus étrange, c’est qu’on ne sait pas vraiment ce qu’ils faisaient là. Ce n’est pas un lieu de stockage officiel. Selon le commandant du Sdis 33 cité par l’AFP, ces munitions ont sans doute été abandonnées sur place, il y a quatre-vingts ans, et oubliées.
Des déflagrations pendant l’incendie, prises pour des bonbonnes de gaz
Pendant que le feu ravageait le secteur, plusieurs déflagrations ont retenti. Sur le moment, tout le monde a pensé à des bonbonnes de gaz qui explosaient dans les maisons. C’est l’hypothèse logique quand un lotissement brûle.
Sauf qu’il pourrait s’agir des obus, selon le Sdis 33. Autrement dit : des munitions de 39-45 auraient explosé au milieu d’un incendie où des centaines de pompiers étaient engagés, sans que personne ne sache qu’elles étaient là. Aucun blessé n’est à déplorer.
Pourquoi la chaleur rend ces munitions plus dangereuses
Un obus enterré depuis quatre-vingts ans ne devient pas inoffensif avec le temps. C’est même l’inverse. « Avec le temps qui passe, les obus deviennent plus sensibles, et avec la chaleur aussi », explique le chef du centre de déminage de Bordeaux.
D’où la méthode retenue par les démineurs : d’abord ramasser tout ce qui est en surface, pour permettre le retour des habitants au plus vite. Ce qui dort encore sous terre, ce sera pour plus tard.

Le Porge, commune la plus touchée de Gironde
Avec plus de 180 maisons brûlées, Le Porge détient le triste record des destructions d’habitations en Gironde sur cet incendie. Cette commune du littoral médocain, à une cinquantaine de kilomètres de Bordeaux, s’est retrouvée sur la trajectoire d’un mégafeu qui a parcouru environ 42 000 hectares.
Le week-end précédant le déminage, la mairie avait prévenu les habitants sur Facebook : tout un secteur restait bouclé et protégé à cause d’obus enterrés. Le maire lui-même ignorait leur existence avant l’incendie.
Les habitants ont pu rentrer chez eux
Les riverains des lotissements Plein Soleil et Le Ferron, les deux quartiers maintenus bouclés le temps du déminage, ont été autorisés à regagner leur domicile le lundi 3 août au soir, plusieurs heures après les habitants des autres quartiers, selon la préfecture.
Rentrer chez soi après ça, quand il reste une maison. Beaucoup n’ont même plus ce choix, et le relogement des sinistrés du Porge s’est organisé dans les semaines qui ont suivi.
Sources : ICI (France Bleu / France 3 Nouvelle-Aquitaine), franceinfo, préfecture de la Gironde.
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