Urgences de Sainte-Foy-la-Grande : fermées deux mois et demi, la colère monte en Gironde
Direction le 15 avant de foncer aux urgences. À Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, le service d’accueil des urgences ferme ses portes du 20 juillet au 30 septembre 2026. Deux mois et demi. Une durée jamais vue selon les élus locaux, qui montent au créneau pour la population du Pays Foyen.
Une fermeture qui tombe en pleine canicule
La décision est venue sans concertation. « On a été mis devant le fait accompli, sans réunion ni discussion préalable », regrette Marc Saharaoui, adjoint au maire en charge de la revitalisation, cité par France 3 Nouvelle-Aquitaine. José Bluteau, président de la Communauté de Communes du Pays Foyen, parle carrément d’une première.
Le timing n’arrange rien. La fermeture démarre en pleine vague de chaleur, sur un territoire où 30% des habitants ont plus de 65 ans. « Ça pose un vrai problème de santé publique », résume José Bluteau.
40 minutes de route pour une urgence cardiaque
Concrètement, les patients doivent d’abord appeler le 15. Selon la situation, ils sont ensuite redirigés vers Libourne, à 40 kilomètres à l’ouest, ou vers Bergerac, à 25 kilomètres à l’est. Un détour qui inquiète Tristan Plat, infirmier libéral et vice-président de la Communauté de communes en charge de la santé. « La peur que nous avons tous, c’est la perte de chance évidente pour des malades atteints de pathologies graves, comme les problèmes cardiaques », explique-t-il à France 3.
Le territoire est aussi un carrefour entre trois départements. « Viennent aux urgences non seulement les habitants du Pays Foyen mais aussi ceux du Lot-et-Garonne et de Dordogne », précise Marc Saharaoui. Au total, ce sont près de 50 000 habitants qui dépendent de ce service.
« J’ai l’impression de vivre dans un pays sous-développé »

Sur la place centrale de la bastide, les habitants ne cachent pas leur inquiétude. « C’est une catastrophe », lâche un septuagénaire attablé sous les halles. Un retraité va plus loin : « C’est vraiment triste, j’ai l’impression de vivre dans un pays sous-développé, je ne comprends plus le monde dans lequel je vis. »
Une habitante, propriétaire d’une résidence secondaire sur la commune, se souvient d’un recours aux urgences il y a trois ans, quand son mari s’était fait piquer par un frelon asiatique. « On était content d’avoir un traitement rapide », confie-t-elle à France 3. Le genre de service que les nouveaux arrivants, souvent de jeunes retraités, considèrent comme indispensable avant de s’installer.
Les élus interpellent la ministre de la Santé
Face à la situation, l’ensemble des élus du secteur a décidé d’écrire à la ministre de la Santé pour « exiger le maintien du service ». Une conférence de presse s’est tenue pour dénoncer une « annonce inacceptable », selon la Communauté de Communes du Pays Foyen.
Sur le fond, José Bluteau avance une piste : « On manque d’urgentistes, on devrait peut-être diminuer l’administratif et payer un peu plus les médecins. » Pour l’heure, aucun retour des autorités de santé n’a été communiqué.
Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, le dossier reste donc en suspens jusqu’à nouvel ordre, avec une réouverture annoncée au 30 septembre.

