Toute la presqu’île du Cap-Ferret est en train de se vider. L’ordre est tombé tôt vendredi matin : évacuation immédiate, sans délai, pour tous les habitants. En cause, l’incendie parti de Saumos Mercredi dernier, qui a déjà parcouru plus de 10 000 hectares jusqu’au nord du bassin d’Arcachon.
Environ 800 sapeurs-pompiers luttent encore contre les flammes, selon Le Monde. Un pompier a été blessé pendant l’intervention, probablement par l’explosion d’une bouteille de gaz. Et le feu, lui, continue d’avancer.
Pourquoi l’évacuation du Cap-Ferret a été ordonnée
La préfète de Gironde, Sophie Brocas, ne cache pas son inquiétude. Sur BFM, elle décrit un incendie qui « fait des sauts d’un kilomètre » et qu’elle juge « imprévisible » et « vorace ». Ses mots : « On le redoutait, il est là, ce grand incendie XXL. »
Résultat, la préfecture a ordonné l’évacuation routière et maritime de l’ensemble de la presqu’île, toujours en cours vendredi matin. Environ 20 000 personnes avaient déjà quitté le secteur de manière préventive depuis mercredi. Plusieurs maisons ont brûlé avant même cette évacuation générale.
Comment évacuer le Cap-Ferret : les consignes officielles.
La Ville de Lège-Cap-Ferret a diffusé les consignes de la préfecture ce Vendredi 24 juillet à 6h30. Pour les résidents de la presqu’île, deux options.
- Par la route, via la D106 en direction de Bordeaux, jusqu’au Parc des expositions, hall 3
- Par navette maritime, de 7h à 10h, avec embarquement possible sur l’une des quatre jetées suivantes : Grand Piquey, Le Canon, Port de la Vigne, Bélisaire
Un premier message, envoyé à 5h30, précisait déjà que cette évacuation n’est pas temporaire. Des points d’accueil avaient été ouverts sur le nord du bassin : le gymnase du collège d’Andernos, le centre d’animation de Lanton, la salle des fêtes de Biganos. Mais la situation a évolué vite. Ces centres ont eux-mêmes dû être évacués dans la matinée, direction le Parc des expositions de Bordeaux.
Le bilan qui s’alourdit
La préfète Sophie Brocas a confirmé que 53 maisons ont été détruites par les flammes, ainsi qu’un camping. Elle parle d’un « drame pour les propriétaires » et assure qu’ils seront accompagnés dans leurs démarches avec les assurances. Elle salue en parallèle le travail des pompiers, qui ont permis d’en sauver environ
2 000 sur la zone sinistrée.
Selon elle toujours, 35 000 personnes ont été évacuées en deux jours. Les autorités évacuaient encore vendredi matin Andernos-les-Bains et Arès, avec l’intention d’étendre la mesure au Temple et à Saumos, à la demande du chef des pompiers. Trois campings d’Andernos, les centres de vacances et les hôtels de la ville sont eux aussi concernés.

Un avion largue de l’eau au-dessus de l’incendie près de Lège-Cap-Ferret (Gironde), le 23 juillet 2026. © AFP – JULIEN DE ROSA
Bordeaux se prépare à accueillir les évacués
Thomas Cazenave, maire de Bordeaux et président de la métropole, a réuni les maires de la collectivité vendredi matin pour organiser l’accueil. Sur X, il a écrit vouloir « accueillir les personnes évacuées dans les meilleures conditions, accompagner l’action des secours et apporter notre soutien aux communes concernées ». Le hall 3 du Parc des expositions a été ouvert pour recevoir les évacués du Cap-Ferret et du nord bassin.
Emmanuel Macron a de son côté annoncé, dans la nuit de Jeudi à Vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, face à une situation qu’il juge « sous très forte tension ». Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a précisé que 32 incendies étaient actuellement déclarés en France, et que le seuil des 50 000 hectares brûlés depuis le début de l’année venait d’être dépassé sur le territoire. Il cite le Cap-Ferret, les Landes et la Gironde parmi les foyers les plus significatifs du moment, aux côtés du Var et des Hautes-Alpes.
Un air qui se dégrade autour de Bordeaux
L’observatoire Atmo Nouvelle-Aquitaine alerte sur une dégradation de la qualité de l’air liée aux fumées des incendies de Gironde et des Landes. Un épisode de pollution aux particules PM10 est en cours dans les deux départements. Pour l’instant, les vents orientent surtout les panaches vers le littoral. Mais une rotation reste possible, et pourrait dégrader l’air sur l’agglomération bordelaise dans les prochains jours.
Et la suite ?
Le maire de Lacanau, Laurent Peyrondet, résume l’inquiétude ambiante : sa commune est « à l’abri pour l’instant », mais les vents tournants compliquent toute anticipation. « S’adapter ne suffira plus, il faut anticiper, innover », ajoute-t-il, avant de juger que « la situation n’est vraiment pas sous contrôle ». Il redoute aussi des orages secs en fin de journée, qui pourraient déclencher de nouveaux départs de feu ailleurs dans le secteur.
À une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Madrid, l’Espagne fait face à des incendies similaires et cherche à « éviter la convergence » de plusieurs foyers, selon son ministre de l’Intérieur. Un rappel que la Gironde n’est, cet été, pas un cas isolé.

